La couleur des algues (3)

Les résultats du concours #enrouteverslautoedition viennent d’être publiés et « La couleur des algues » monte sur le podium en troisième position ! C’est la première fois qu’un de mes textes est retenu, ça se fête…

Merci à celles et ceux qui ont voté pendant le concours !

Cela s’annonce surtout comme #enrouteverslescorrections dès que le nano est terminé pour transformer ce premier jet en une vraie fiction avec enjeu dramatique qui tienne la route, et tout et tout !

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NaNo (2) Le messager de Tolente

Je me suis lancée dans le NaNoWriMo avec un « roman jeunesse d’aventures » : Le Messager de Tolente. Voici le pitch : La cité de Tolente a disparu il y a des siècles au fond de l’estuaire de Plouguilis. Pol a pourtant entrevu un jour une trace de cette ancienne civilisation. Et il compte bien entraîner son nouvel ami Théo à la recherche des restes de la ville engloutie. D’autant plus qu’ils ne sont pas les seuls sur sa piste… Qui entendra à temps le signal de l’ancienne cité ? Les mots s’alignent mais l’action piétine un peu pour l’instant. Comme je n’ai pas bien préparé, je fais un peu de documentation en même temps. En attendant, voici la transcription d’une légende qui s’est vraiment déroulée dans la région de Plouguilis :

Il était une fois, dans le royaume de Domnonée, l’actuel Finistère, une magnifique contrée appelée Tolente. Dans le palais de Tolente vivait le vieux comte Ausochus, qui souhaitait marier sa fille. Cette princesse, dont la beauté éblouissait tous les prétendants qui se pressaient à Tolente pour la rencontrer, se prénommait Pritelle. Un jour, le roi Ausochus s’était absenté pour rendre visite à un voisin. La princesse Pritelle était donc restée seule au palais avec ses gouvernantes. Or, c’est la journée que choisit le roi Judhaël de Domnonée, qui régnait sur toutes les terres des environs, pour partir à la chasse. Il se perdit dans une forêt de son immense royaume. Le hasard, ou peut-être le destin, le conduisit vers le palais de Tolente. Là, il fut accueilli par la jeune Pritelle et les serviteurs du château. Il fut si bien reçu et avec une telle grâce par la princesse qu’il en tomba immédiatement et éperdument amoureux.

La nuit qui suivit leur rencontre, le roi Judhaël fit un songe mystérieux. Il rêva qu’il était assis sur un trône d’ivoire au sommet d’une montagne où l’on ne pouvait grimper que par un chemin très escarpé. Du haut de son promontoire, il était le témoin d’un étrange spectacle. Devant lui se dressait une colonne dont il était impossible d’évaluer la hauteur. Son chapiteau se perdait dans les nuages perchés dans les plus hautes strates du ciel. La partie inférieure de la colonne était constituée d’un métal éblouissant. Des armes de toutes sortes y étaient suspendues : épées, glaives, boucliers, et autres lances. La moitié supérieure, celle qui s’élançait vers le ciel, était auréolée telle un ange et décorée d’objets mystiques en or dont des calices parés de diamants inestimables. La colonne brillait de mille feux. Puis, la princesse Pritelle apparut, rayonnante, au milieu de toutes ces richesses. Elle confia au roi de Domnonée, que c’était elle qui jusqu’à présent portait la charge de garder cette colonne, mais que l’heure était venue, où lui, Judhaël , était désigné pour prendre la relève.

En se réveillant, Judhaël se demandait quelle pouvait bien être la signification de cette divine apparition de la jeune fille qu’il avait rencontrée le jour même. Perdu dans ses réflexions, il décida d’envoyer un messager consulter le devin le plus talentueux de l’époque, le druide et poète Taliesin. Ce barde était capable de distinguer dans les songes la part de fortune ou de malheur qu’ils contenaient. Par chance, l’éminent mage originaire du pays de Galles était justement de passage en Armorique. Le grand Taliesin adressa ces mots au messager de Tolente : “Si ton maître épouse la fille d’Ausochus, ils donneront naissance à un fils qui sera plus heureux et meilleur que son père, non seulement sur la terre, mais aussi au royaume céleste ; de lui sortiront de vaillants rejetons, qui seront rois, comptes royaux et prêtres servant le seigneur. Ce fils serait d’abord un valeureux chevalier sur terre, et ensuite il combattrait pour le ciel.”

Une fois ces paroles rapportée à Judhaël, ce dernier n’hésita pas une seconde. Il était tombé fou amoureux de Pritelle et demanda sur le champ la main de la princesse à son père Ausochus qui était revenu dans sa ville de Tolente. Judhaël et Pritelle se marièrent et naquit un fils nommé Judicaël qui est devenu roi comme l’avait prédit le druide Taliesin. Judicaël se maria à son tour à la princesse Moronoé, qui parait-il était une soeur de la fée Morgane. Ils vécurent heureux dans la ville de Tolente, puis ils eurent de nombreux enfants qui eux même deviendraient les rois de Bretagne : Erispoë, Nominoë et Salomon.”

Légende adaptée de l’histoire de Saint Judicaël (590-652), rédigée au XIème siècle par le moine Ingomar et reprise dans La Vie des Saints de la Bretagne-Armorique d’Albert Le Grand au XVIIème siècle.