Doggerland

Doggerland, Elisabeth Filhol, 2018, éditions P.O.L.

doggerland

Premier coup de cœur de l’année, cet hymne à la mer du Nord. C’est d’abord la mention de ce continent submergé, annoncée sur la quatrième de couverture, qui m’a conduite vers ce roman. Et le contexte de l’exploitation des énergies, les renouvelables ou les fossiles, qui a fini d’aiguisé ma curiosité. Et ce que je retiens, c’est la quête : celle d’un trait de côte effacé, celle d’un amour inachevé, celle de son identité, par plusieurs voix entremêlées.

La puissance de l’écriture m’a embarquée, j’ai suivi la sirène.  Les phrases sans fin auraient pu desservir le propos technique, mais non, jamais elles ne noient le lecteur, parfois elle le bercent dans une douce torpeur, mais la houle ne tarde pas à le réveiller pour l’embarquer vers un nouveau visage.

Les personnages sont forts. Ils ont des failles, que les catastrophes naturelles ne masquent pas. Plus que par un thriller sur la recherche d’un continent disparu, j’ai été happée par cette confrontation entre êtres humains, dans un environnement mouvant. Et la part de mystère que gardent Margaret et le Doggerland n’y est pas pour rien.

Crédit image: Par Max Naylor — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=6011686

 

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Lectures 2018

Reprise du blog là où je l’ai laissé il y a un an, avec quelques lectures de 2018 (1) :

L’année dernière a commencé avec une relecture de No impact man, le témoignage de Beavan Colin, sur l’expérience de changement de vie qu’il fait mener à sa famille, un jusqu’au boutiste de la transition écologique.

Ensuite, plongeon prolongé dans Le nom de la rose, de Umberto Eco. Depuis le temps que je comptais le lire… Yes ! j’ai réussi à aller jusqu’au bout du roman de l’érudit sémiologue, non sans peine je l’avoue, mais sans regret ! Plus que l’intrigue policière, la bibliothèque et l’évocation de tous ses grimoires ont marqué mon esprit…

La servante écarlate, de Margaret Atwood, un autre chef d’œuvre lu à petites gorgées. Je suis ressortie glacée de ce monde impitoyable, sans doute à dessein…

Dans un monde bien réel et plus optimiste, La sobriété heureuse, de Pierre Rabhi, tout est dans le titre !

Un début d’été avec une lecture un peu démodée et acidulée, rafraîchissante pour l’été, Le parfum des fraises sauvages, d’Angela Thirkell, une romance anglaise des années 1930. Et pour continuer dans un style british toujours divertissant, Les fabuleuses tribulations d’Arthur Pepper de Patrick Phaedra.

Puis un intermède beta-lecture : j’ai eu la chance de découvrir en avant-première Le sang des lumières de Lynda Guillemaud, et suivre les évènements révolutionnaires au plus près, sur les traces d’une héroïne de caractère !

Après l’acquisition d’une liseuse (2), j’ai renoué avec quelques classiques (Jules Verne, Zola, Dumas fils) avant une immersion dans le pavé des Piliers de la terre, de Ken Follet, qui a un talent pour accrocher son lecteur dans les aventures rocambolesques de ses personnages au temps des cathédrales…

A lire sans prendre de gants : Soyez imprudents les enfants de Véronique Ovaldé.

Puis en automne, direction l’Amérique avec l’Orée du Verger de Tracy Chevalier et Mille femmes blanches, de Jim magnifique histoire qui aurait pu être vraie (et peut-être l’est-elle, le doute reste entier) de l’apprivoisement entre cheyennes et femmes « civilisées ».

Avant de terminer l’année avec Demain de Cyril Dion pour réfléchir au monde d’aujourd’hui !

Notes :

(1) merci Babelio pour seconder ma mémoire pour la liste de livres lu, j’utilise la possibilité d’export sur la page https://www.babelio.com/export_bib.php !

(2) une Kobo Clara HD

Pile à lire « zéro déchet »

J’ai terminé 2017 avec quelques best-sellers de développement personnel (Marie Kondo, David Allen, Jeff Sanders)…

Et en ce début 2017, mes lectures se portent essentiellement sur les guides pratiques zéro déchets et diverses références environnement.

Lien vers bulletoile, un nouveau blog dédié à mes avancées sur la route du (presque) zéro déchet, avec l’aide d’un bullet journal !

Bujo ou budi ?

Depuis octobre, j’ai succombé à l’appel du « bujo ». Bujo ? Non, plutôt plutôt budi pour moi.

Reprenons au début. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas le concept, rendez-vous sur la page de son inventeur Ryder Caroll : une introduction au bullet journal (en anglais) ou une recherche sur Qwant  (y’a pas que G. dans la vie), Pinterest, etc.

Un index et un code pour les TODO lists ajoutent beaucoup de fonctionnalités à un simple carnet !

Pas une année sans agenda (depuis 1999). J’en ai testé plusieurs, pour revenir souvent au même format, une double page par semaine, comme proposé par Francis Beltramis, le fondateur de Quo Vadis. Mais cette année, envie de personnaliser, et d’adopter quelques principes du bujo, alors choix d’un organiseur à anneaux pour constituer un « bullet diary », d’où budi...  Mon planner est de taille Personal (feuilles 10 x 17 cm) pour pouvoir rentrer dans un sac à main tout en gardant une taille convenable pour gribouiller.

Et voici une première contribution pour les idées de pages mensuelles, l’arbre à mots. Le principe : un mot résumé par jour. Qui pourra être agrémenté de feuilles, de fleurs…

Budi_1

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Et vous, comment bujotez-vous ?

***

Je termine cet article par une pub pour l’initiative d’un collectif d’auteurs. Un recueil de 53 textes et nouvelles sorti aujourd’hui pour offrir une opération à une jeune Thaïlandaise : Tous pour Boilt est disponible en version ebook et broché, suivez le lien de l’image.

TousPourBoilt

 

Lectures printemps-été 2017

Retour sur des lectures marquantes de ces derniers mois…

Tout d’abord un coup de cœur pour Oreiller d’herbes  de Natsume Soseki, qui n’a pas pris une ride malgré ses 101 ans (livre paru en 1906), pour sa poésie et l’évocation des estampes japonaises.

Les nymphéas Noirs de Michel Bussi pour les pièges que nous tend encore cet auteur, et son évocation de la ville de Monet.

Guide de survie pour le voyageur du temps amateur de Charles Yu, pour se laisser prendre dans une boucle temporelle, un roman inventif et philosophique pour tous les amateurs de voyage dans le temps,

Le classique L’étranger de Camus, première lecture, c’est toujours un coup de poing dans la figure non ?

Le non moins classique Le vieil homme et la mer d’Ernest Hemingway, avec qui on se laisse dériver au gré des caprices du gros poisson (un marlin et non espadon).

Histoire du siège de Lisbonne de José Saramengo, pour la découverte de cet auteur à la ponctuation réduite, austère, qui contraste avec une histoire singulière.

Les best-sellers L’île des oubliés de Victoria Hislop, idéale lecture de vacances pour le dépaysement crétois et La fille du train de Paula Hawkins qui nous perd habilement dans la psychologie des personnages.

L’enchantement du monde d’Olivier Weber parce qu’il se passe en 1479 à Constantinople.

L’auto-édité Une jeune fille de son temps de Georgia Mayer, lauréate Draftquest 2016, on se laisse embarquer sur les pas de ces filles de plusieurs générations.

Parmi ceux qui m’ont laissée un peu sur ma faim (fin ?) malgré leurs qualités, Le livre des Baltimore de Joël Dicker, moins page-turner que La vérité sur l’affaire Harry Quebert et Le liseur du 6h27 de Jean-Paul Didierlaurent, super première partie mais j’aurais aimé savoir ce que devient la machine à broyer les papiers.

Je lis en ce moment, par petits bouts, Habitus de James Flint, dense et déjanté.

 

 

 

La poudrière de mon grand-père

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Titre : La poudrière de mon grand-père
Auteur : Xu Lu
Illustrateur : Zhu Chengliang
Editeur: Les Editions Fei
Parution : 2017

C’est l’histoire d’un petit garçon qui partage la vie de garde forestier de son grand-père dans les montagnes en Chine. C’est aussi l’histoire parallèle d’un jeune renard qui a volé la poudrière du grand-père et va provoquer un incendie.

Les aquarelles plongent immédiatement dans un univers poétique, au cœur des montagnes. Le message est universel, sur le respect de la nature et l’admiration que porte un enfant à son grand-père.

Les illustrations me font penser à celles des albums jeunesses d’il y a une à deux générations, comme celles des albums du Père Castor. Personnellement, je trouve ces aquarelles magnifiques. Au premier abord, un enfant d’aujourd’hui se sentira peut-être peu interpellé par cet univers nostalgique, puis il écoutera attentivement cette histoire sortie d’un autre temps (c’est en tout cas l’expérience que j’en ai faite).

L’objet livre lui même est de très bonne qualité, et on ne se lasse pas de regarder les aquarelles qui recèlent mille et un détails. J’imagine bien des grands-parents lire cette histoire à leur petits-enfants, pour échanger ensuite sur « comment c’était avant ».

A qui conseiller cet album ? A tous les petits et grands enfants qui ont envie de partager une histoire de nature entre générations.

Quelques illustrations de l’album à découvrir sur le site de l’éditeur : https://www.editions-fei.com/la-poudriere-de-grand-pere

N.B. : et voilà ma première participation à l’opération Masse Critique de Babelio !

Crédit image : couverture de l’album, Zhu Chengliang, Les Editions Fei

#MartyrsFrançais

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Titre: #MartyrFrançais
Auteur: Alexis David-Marie
Éditeur : Aux Forges du Vulcain
Parution : 2017

C’est l’histoire de François, un jeune instituteur, qui vient de perdre son père, André Pujol. Il a l’impression de le perdre doublement, car le contexte de la mort d’André, tué par un migrant dont il s’occupait, est récupéré par un mouvement d’extrême droite pour faire du défunt un martyr. C’est Louise, la cousine de François, qui est à l’origine de cette opération. Le jeune homme va tenter de mener un combat contre son projet et ses idées.


Je suis entrée dans ce livre comme dans une enquête. François cherche à rétablir la vérité sur son père. Qui était vraiment André, le père de François ?
Le sujet qui m’a le plus interpellée dans l’histoire, c’est l’identité : surtout l’identité nationale, mais pas que… L’histoire pose aussi la question de l’identité tout court : quelles sont les facettes d’un homme que perçoivent sa famille, ses proches, ou celles que la postérité retiendra par rapport à la vie intime d’un individu ?
Un autre point qui m’a intéressé dans ce livre, c’est le traitement de la difficulté d’échanger des points de vues politique en famille. Ce sujet trouble fête, trop rabâché par les médias, mais difficile à aborder simplement. Comment Louise, pour donner corps à ses idées, utilise un événement familial ; et aussi jusqu’où François, pour empêcher la dissémination de ces idées, peut aller…
Ce roman aborde essentiellement l’aspect idéologique de la politique, il n’est pas question ici de people, magouilles et compagnie. C’est en quoi ce livre est original par rapport à d’autres fictions politiques. J’avoue avoir parfois un peu décroché sur certains aspects de fond du débat politique qui me dépassaient. J’ai sauté quelques paragraphes des discours idéologiques très référencés, mais sans que cela gêne la lecture de l’ensemble !


A qui conseiller ce livre ? A celles et ceux qui s’intéressent un minimum au débat d’idées politiques et veulent aborder le sujet sous la forme d’un récit original. C’est une fiction qui fait cogiter sur le réel une fois le volume reposé.


Crédit image : Couverture du roman, graphisme Elena Vieillard