Lectures printemps-été 2017

Retour sur des lectures marquantes de ces derniers mois…

Tout d’abord un coup de cœur pour Oreiller d’herbes  de Natsume Soseki, qui n’a pas pris une ride malgré ses 101 ans (livre paru en 1906), pour sa poésie et l’évocation des estampes japonaises.

Les nymphéas Noirs de Michel Bussi pour les pièges que nous tend encore cet auteur, et son évocation de la ville de Monet.

Guide de survie pour le voyageur du temps amateur de Charles Yu, pour se laisser prendre dans une boucle temporelle, un roman inventif et philosophique pour tous les amateurs de voyage dans le temps,

Le classique L’étranger de Camus, première lecture, c’est toujours un coup de poing dans la figure non ?

Le non moins classique Le vieil homme et la mer d’Ernest Hemingway, avec qui on se laisse dériver au gré des caprices du gros poisson (un marlin et non espadon).

Histoire du siège de Lisbonne de José Saramengo, pour la découverte de cet auteur à la ponctuation réduite, austère, qui contraste avec une histoire singulière.

Les best-sellers L’île des oubliés de Victoria Hislop, idéale lecture de vacances pour le dépaysement crétois et La fille du train de Paula Hawkins qui nous perd habilement dans la psychologie des personnages.

L’enchantement du monde d’Olivier Weber parce qu’il se passe en 1479 à Constantinople.

L’auto-édité Une jeune fille de son temps de Georgia Mayer, lauréate Draftquest 2016, on se laisse embarquer sur les pas de ces filles de plusieurs générations.

Parmi ceux qui m’ont laissée un peu sur ma faim (fin ?) malgré leurs qualités, Le livre des Baltimore de Joël Dicker, moins page-turner que La vérité sur l’affaire Harry Quebert et Le liseur du 6h27 de Jean-Paul Didierlaurent, super première partie mais j’aurais aimé savoir ce que devient la machine à broyer les papiers.

Je lis en ce moment, par petits bouts, Habitus de James Flint, dense et déjanté.

 

 

 

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La poudrière de mon grand-père

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Titre : La poudrière de mon grand-père
Auteur : Xu Lu
Illustrateur : Zhu Chengliang
Editeur: Les Editions Fei
Parution : 2017

C’est l’histoire d’un petit garçon qui partage la vie de garde forestier de son grand-père dans les montagnes en Chine. C’est aussi l’histoire parallèle d’un jeune renard qui a volé la poudrière du grand-père et va provoquer un incendie.

Les aquarelles plongent immédiatement dans un univers poétique, au cœur des montagnes. Le message est universel, sur le respect de la nature et l’admiration que porte un enfant à son grand-père.

Les illustrations me font penser à celles des albums jeunesses d’il y a une à deux générations, comme celles des albums du Père Castor. Personnellement, je trouve ces aquarelles magnifiques. Au premier abord, un enfant d’aujourd’hui se sentira peut-être peu interpellé par cet univers nostalgique, puis il écoutera attentivement cette histoire sortie d’un autre temps (c’est en tout cas l’expérience que j’en ai faite).

L’objet livre lui même est de très bonne qualité, et on ne se lasse pas de regarder les aquarelles qui recèlent mille et un détails. J’imagine bien des grands-parents lire cette histoire à leur petits-enfants, pour échanger ensuite sur « comment c’était avant ».

A qui conseiller cet album ? A tous les petits et grands enfants qui ont envie de partager une histoire de nature entre générations.

Quelques illustrations de l’album à découvrir sur le site de l’éditeur : https://www.editions-fei.com/la-poudriere-de-grand-pere

N.B. : et voilà ma première participation à l’opération Masse Critique de Babelio !

Crédit image : couverture de l’album, Zhu Chengliang, Les Editions Fei

#MartyrsFrançais

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Titre: #MartyrFrançais
Auteur: Alexis David-Marie
Éditeur : Aux Forges du Vulcain
Parution : 2017

C’est l’histoire de François, un jeune instituteur, qui vient de perdre son père, André Pujol. Il a l’impression de le perdre doublement, car le contexte de la mort d’André, tué par un migrant dont il s’occupait, est récupéré par un mouvement d’extrême droite pour faire du défunt un martyr. C’est Louise, la cousine de François, qui est à l’origine de cette opération. Le jeune homme va tenter de mener un combat contre son projet et ses idées.


Je suis entrée dans ce livre comme dans une enquête. François cherche à rétablir la vérité sur son père. Qui était vraiment André, le père de François ?
Le sujet qui m’a le plus interpellée dans l’histoire, c’est l’identité : surtout l’identité nationale, mais pas que… L’histoire pose aussi la question de l’identité tout court : quelles sont les facettes d’un homme que perçoivent sa famille, ses proches, ou celles que la postérité retiendra par rapport à la vie intime d’un individu ?
Un autre point qui m’a intéressé dans ce livre, c’est le traitement de la difficulté d’échanger des points de vues politique en famille. Ce sujet trouble fête, trop rabâché par les médias, mais difficile à aborder simplement. Comment Louise, pour donner corps à ses idées, utilise un événement familial ; et aussi jusqu’où François, pour empêcher la dissémination de ces idées, peut aller…
Ce roman aborde essentiellement l’aspect idéologique de la politique, il n’est pas question ici de people, magouilles et compagnie. C’est en quoi ce livre est original par rapport à d’autres fictions politiques. J’avoue avoir parfois un peu décroché sur certains aspects de fond du débat politique qui me dépassaient. J’ai sauté quelques paragraphes des discours idéologiques très référencés, mais sans que cela gêne la lecture de l’ensemble !


A qui conseiller ce livre ? A celles et ceux qui s’intéressent un minimum au débat d’idées politiques et veulent aborder le sujet sous la forme d’un récit original. C’est une fiction qui fait cogiter sur le réel une fois le volume reposé.


Crédit image : Couverture du roman, graphisme Elena Vieillard

La Cité des dames, Christine de Pizan

Pour faire original un 8 mars, voici un petit article sur un livre « féministe ». Peut-être un des premiers de la littérature française : La Cité des dames de Christine de Pizan (1405).

Il s’agit d’un récit allégorique. Dames Raison, Droiture et Justice s’adressent tour à tour à leur élève (Christine), lui demandent de construire une cité et lui expliquent comment, pour qu’elle résiste au temps.

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Je me suis intéressée à ce livre pendant mes recherches sur Rhodes au Moyen-Age. A la question « Que pouvait-on lire en 1480 ? » que je me posais pour ne pas mettre n’importe quel ouvrage dans les mains de mes personnages, ce titre fait partie de la liste.

Une version numérique de l’une des trente copies du manuscrit est disponible sur le site de la Bibliothèque numérique Mondiale et sur Gallica. Le texte est rédigé en vieux français, difficile à déchiffrer. Je n’ai lu que les quelques extraits disponibles sur le site de la BnF. Le passage sur les maris peut faire sourire (ou pleurer, selon le contexte).

En tous cas, le concept de la constitution d’une cité virtuelle, de ses fondations à son peuplement reste moderne ! Parmi les pierres allégoriques qui représentent les femmes illustres de l’antiquité, on compte Sémiramis (qui elle-même a fondé les jardins suspendus de Babylone, rien de moins que la deuxième des merveilles du monde), les Amazones ou Diane.

Un extrait sur l’éducation des filles : « Si c’était la coutume d’envoyer les petites filles à l’école et de leur enseigner méthodiquement les sciences comme on le fait pour les garçons, elles apprendraient et comprendraient les difficultés de tous les arts et de toutes les sciences aussi bien qu’eux ».

 

Crédit image : miniature de la cité des Dames, Christine Pizan, XVème siècle, domaine Public

En attendant Bojangles

 

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Beaucoup a déjà été dit sur En attendant Bojangles d’Olivier Bourdeaut (voir les 497 critiques sur Babelio), alors je vais être brève. C’est l’histoire d’un enfant qui raconte la vie de ses parents, leurs aventures à tous les 3, entre fête perpétuelle et château en Espagne.

A qui conseiller ce livre ? A celle ou celui qui veut qu’on l’emporte, qu’on lui demande de le suivre sans trop réfléchir au début. Et s’il se laisse faire, il ne regrettera pas le détour !

La photo, c’est un #envol (#id2mars J1) de grues demoiselles, ce à quoi ressemble Mademoiselle Superfétatoire dans le roman

Crédit image : Vol de grues demoiselles, 2010, Uvurkhangay, Mongolia, TomJu48

Kit de l’apprenti écrivain

Voici ma liste de ressources, d’outils et de liens pour écrire des fictions et glaner des conseils.

Des cours en ligne et des blogs pour apprendre :

Des outils pour se lancer à écrire et corriger ses textes !

  • Des cahiers ou des carnets, papier ou numériques. Je suis une inconditionnelle d’Evernote.
  • Des crayons, traditionnels et plus geek…
  • Scribbook, studio d’écriture en ligne. J’ai adopté cette application pour découper, organiser et corriger mon texte. Il s’agit d’une alternative web aux logiciels type Scrivener. Scribbook est actuellement en version bêta et son concepteur dynamique propose régulièrement de nouvelles fonctionnalités. A essayer absolument !
  • L’application Draftquest pour se motiver à écrire 10 minutes par jour grâce à des images inspirantes.
  • Le dictionnaire des synonymes du CRISCO.
  • Des concours de nouvelles et des appels à textes (AT).

Des communautés pour découvrir des auteurs en herbe et avoir des retours sur ses écrits :

  • Scribay, un espace dynamique de travail, d’échange et de progression pour les auteurs. Des défis d’écriture sont proposés.
  • Wattpad, pour sa grande communauté d’utilisateurs et pour l’échange avec d’autres écrivains en herbe.
  • Les communautés Facebook des outils cités plus haut (draftquest, scribbook, etc).
  • MonBestSeller pour auteurs ayant terminé leur livre.

Des ressources pour la littérature jeunesse :

Et comme on ne peut pas écrire sans lire ni se documenter :

  • Les incontournables Wikipedia et Wikisource, une bibliothèque de plus de 200,000 textes libres et gratuits.
  • Babelio pour garder une trace des lectures passées et trouver le titre du prochain roman sur sa pile à lir (PAL).
  • Une liseuse numérique ou les applications liseuses (kindle, kobo…) sur tablette ou téléphone.

A noter que ces ressources sont gratuites, excepté les crayons et les carnets papier, l’électricité et l’abonnement web, ainsi que les modes premium proposés par les éditeurs logiciels en plus des versions libres !

Page mise à jour le 13/09/2017.

Rhodes (3) Hipparque

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Sur l’image, l’astronome Hipparque (190-120 av J.-C.) à gauche, et Claude Ptolémée (90-168 de notre ère) à droite. En fait, étant données leurs dates de naissance, les deux savants n’ont jamais pu discuter ensemble constellation autour d’un globe…

« Si le catalogue de Ptolémée eut été moins estimé, celui d’Hipparque eut été moins négligé : il aurait parvenu en entier jusqu’à nous » Alexandre Guy Pingre, 1782

On associe Hipparque à Ptolémée, car c’est dans les écrits du second qu’on retrouve la trace des travaux du premier.

Hipparque était l’un des plus grand astronome de l’antiquité. Il a effectué la plupart de ses observations astronomiques à Rhodes, île très influente à l’époque hellénistique. Il était renommé dans l’antiquité, mais il a été  oublié des occidentaux jusqu’à la renaissance. Ses ouvrages restaient très recherchés dans le monde musulman. Le Calife Al Mam’un (786-833) de Bagdad aurait posé comme condition de paix avec Byzance la remise d’une copie de l’Almageste et du traité d’astronomie d’Hipparque.

Parmi les découvertes et les réalisations d’Hipparque :

  • l’invention de la trigonométrie, ou au moins la vulgarisation des tables de cordes dans les 12 volumes de son ouvrage « De l’étude des droites dans le cercle »
  • une suite mathématique qui porte son nom
  • la découverte de la précession des équinoxe
  • un catalogue d’étoiles dont il ne reste plus aucun exemplaire. Mais il nous serait parvenu sous la forme de l’atlas Farnèse
  • des modèles mathématiques du mouvement des astres
  • peut-être une contribution ou la réalisation de la machine d’anticythère !

Crédit image : Hipparque et Ptolémée effectuant des mesures sur un globe céleste, détail d’une gravure de frontispice, Hevelius, 1673, Source: BnF, Gallica, Machina cœlestis