Rhodes (3) Hipparque

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Sur l’image, l’astronome Hipparque (190-120 av J.-C.) à gauche, et Claude Ptolémée (90-168 de notre ère) à droite. En fait, étant données leurs dates de naissance, les deux savants n’ont jamais pu discuter ensemble constellation autour d’un globe…

« Si le catalogue de Ptolémée eut été moins estimé, celui d’Hipparque eut été moins négligé : il aurait parvenu en entier jusqu’à nous » Alexandre Guy Pingre, 1782

On associe Hipparque à Ptolémée, car c’est dans les écrits du second qu’on retrouve la trace des travaux du premier.

Hipparque était l’un des plus grand astronome de l’antiquité. Il a effectué la plupart de ses observations astronomiques à Rhodes, île très influente à l’époque hellénistique. Il était renommé dans l’antiquité, mais il a été  oublié des occidentaux jusqu’à la renaissance. Ses ouvrages restaient très recherchés dans le monde musulman. Le Calife Al Mam’un (786-833) de Bagdad aurait posé comme condition de paix avec Byzance la remise d’une copie de l’Almageste et du traité d’astronomie d’Hipparque.

Parmi les découvertes et les réalisations d’Hipparque :

  • l’invention de la trigonométrie, ou au moins la vulgarisation des tables de cordes dans les 12 volumes de son ouvrage « De l’étude des droites dans le cercle »
  • une suite mathématique qui porte son nom
  • la découverte de la précession des équinoxe
  • un catalogue d’étoiles dont il ne reste plus aucun exemplaire. Mais il nous serait parvenu sous la forme de l’atlas Farnèse
  • des modèles mathématiques du mouvement des astres
  • peut-être une contribution ou la réalisation de la machine d’anticythère !

Crédit image : Hipparque et Ptolémée effectuant des mesures sur un globe céleste, détail d’une gravure de frontispice, Hevelius, 1673, Source: BnF, Gallica, Machina cœlestis

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Rhodes (2) – Poulpe

rhyton-poulpe-flickr

 

En général, je ne suis pas très fan des collections de tessons en céramique qui prennent la poussière dans les musées d’histoire de l’art, mais là, on ne peut que s’arrêter devant une telle pièce !

Ce rhyton au poulpe était en vedette d’une exposition au Louvre en 2014-2015 (voir le dossier de presse).

Ce vase en terre cuite est ouvert au fond pour laisser écouler le liquide. C’est un « verre » de l’époque (le soufflage du « verre » – le matériau – n’a été introduit par les Babyloniens et les Phéniciens mille ans après la datation de ce rhyton).

Les rhytons étaient utilisés pour boire du vin ou pendant les libations (offrandes à un dieu).

Et la pieuvre, quelle pouvait-être sa signification ? Était-ce seulement un dessin stylisé ?

Crédit image : Rhyton à décor de poulpe, Rhodes, Grèce. Vase à boire, 1375 av. J.C., CC BY (c)Omega @flickr

Rhodes (1) – Enluminure

Cette année, une suite de brefs articles sur l’histoire de Rhodes. Pourquoi ? Parce que depuis une semaine de vacances passée sur cette île grecque il y a quelques années, je suis poursuivie par l’envie d’écrire une fiction sur la richesse de l’histoire de cette île. Alors peut-être qu’en listant ce que Rhodes m’inspire, cela m’aidera à écrire ce roman !

L’enluminure qui illustre cet article a initié mes recherches sur les chevaliers Hospitaliers. Elle est extraite d’un manuscrit de Guillaume Caoursin qui raconte le siège de Rhodes contre les Ottomans en 1480. La particularité de cet épisode de l’histoire des Hospitaliers, c’est que moins de mille chevaliers ont résisté à plusieurs dizaines de milliers d’assaillants (70000 selon les organisateurs, 15000 d’après la police). Et toujours d’après le manuscrit de Caoursin, du point de vue des Hospitaliers, la victoire est due à un « miracle », que je raconterai dans un prochain épisode !

Crédit image : enluminure du Gestorum Rhodiae obsidionis commentarii par le Maître du Cardinal de Bourbon, 1481. Domaine public, Wikimedia Commons