La Cité des dames, Christine de Pizan

Pour faire original un 8 mars, voici un petit article sur un livre « féministe ». Peut-être un des premiers de la littérature française : La Cité des dames de Christine de Pizan (1405).

Il s’agit d’un récit allégorique. Dames Raison, Droiture et Justice s’adressent tour à tour à leur élève (Christine), lui demandent de construire une cité et lui expliquent comment, pour qu’elle résiste au temps.

640px-Meister_der_'Cité_des_Dames'_002

Je me suis intéressée à ce livre pendant mes recherches sur Rhodes au Moyen-Age. A la question « Que pouvait-on lire en 1480 ? » que je me posais pour ne pas mettre n’importe quel ouvrage dans les mains de mes personnages, ce titre fait partie de la liste.

Une version numérique de l’une des trente copies du manuscrit est disponible sur le site de la Bibliothèque numérique Mondiale et sur Gallica. Le texte est rédigé en vieux français, difficile à déchiffrer. Je n’ai lu que les quelques extraits disponibles sur le site de la BnF. Le passage sur les maris peut faire sourire (ou pleurer, selon le contexte).

En tous cas, le concept de la constitution d’une cité virtuelle, de ses fondations à son peuplement reste moderne ! Parmi les pierres allégoriques qui représentent les femmes illustres de l’antiquité, on compte Sémiramis (qui elle-même a fondé les jardins suspendus de Babylone, rien de moins que la deuxième des merveilles du monde), les Amazones ou Diane.

Un extrait sur l’éducation des filles : « Si c’était la coutume d’envoyer les petites filles à l’école et de leur enseigner méthodiquement les sciences comme on le fait pour les garçons, elles apprendraient et comprendraient les difficultés de tous les arts et de toutes les sciences aussi bien qu’eux ».

 

Crédit image : miniature de la cité des Dames, Christine Pizan, XVème siècle, domaine Public

Publicités

Le trésor de la Licorne

Cette semaine, j’ai relu deux volumes des aventures de Tintin et Milou : Le secret de la Licorne et Le trésor de Rackham le rouge.

Je « subis » parfois la musique de l’adaptation télévisée de ces aventures quand les enfants les regardent. Alors, depuis quelques temps, je voulais me refaire une opinion et des impressions sur la lecture de la BD originale.

Ce sont vraiment deux titres typiques de la série, avec tous les personnages emblématiques, et une chasse au trésor sympathique. Ce qui contribue au plaisir de la lecture pour moi, c’est, peut-être avant tout, la poésie du capitaine Haddock : quand après un florilège de mots oubliés du dictionnaire il enchaîne sur des vers de Lamartine. Ce n’est pas un « Flibustier de carnaval » !

Hasard du calendrier, ce matin, dans Interactiv’ sur France Inter, c’est le petit-fils de Tournesol qui était interviewé ! Enfin, plutôt, celui du professeur qui a inspiré à Hergé : Bertrand Piccard, l’initiateur du projet Solar Impulse. Il a évoqué à la radio son grand-père Auguste Piccard (le sosie de Tournesol donc).

Un truc qui m’intrigue : dans Le trésor de Rackham le rouge, paru en 1943, le professeur Tournesol présente son « appareil à explorer le fond des mers […] c’est un espèce de petit sous-marin. Il est équipé d’un moteur électrique et est muni de réservoirs d’oxygène pour deux heures de plongée ». Or, on retrouve sur plusieurs sites internet que « Le mot bathyscaphe, inventé par le professeur Piccard en 1946, vient du grec bathus (profond) et de skaphos (barque). Il avait utilisé dans un premier temps le mot thalassosphère pour nommer son invention. » et que Piccard avait mis en service son engin en 1948. Tournesol était donc en avance sur Auguste Piccard !

A propos du trésor de la Licorne : je me suis amusée à regarder le lieu de la supposée épave sur Google Map. Au risque de spoiler l’enquête de Tintin : les coordonnées indiquées dans Le secret de la Licorne sont 20°37’42″N, 70°52’15″W. Dans le tome suivant, on comprend que le méridien de référence a changé entre l’époque du naufrage de la Licorne (1698) et celle de l’enquête de Tintin (1943). Aujourd’hui on considère le méridien de Greenwich. A l’époque, d’après Hergé, on utilisait le méridien de Paris, 2 degrés plus à l’est (en réalité 2°20’13.82″ plus à l’est), ce qui donnerait 20°37’42″N, 68° 32’1″W. Je vous ai perdus ? Voici la position possible :

carte_tintin3

Mais, ensuite, en voulant savoir si la Licorne avait vraiment existé (voir la page wikipédia), on se rend compte que Hergé s’était lui-même trompé de Méridien, et qu’à l’époque de l’ancêtre de haddock, on utilisait le méridien de Ferro ou de l’île de Fer, autrement dit Les Canaries. Cela correspondait dans l’antiquité (époque du géographe Ptolémée, j’en reparlerais dans la série sur Rhodes) à la limite Ouest du monde connu et donc toutes les longitudes étaient positives, bien pratique… Ce méridien de Ferro est situé à 17°39’46.02″ du méridien de Greenwich. Ce qui donnerait pour la position du trésor: 88°32’01″W. Mais là on tombe au Mexique…

Donc, au final, c’est cela que je retiens de Tintin : le pouvoir de nous faire disséquer ses aventures après avoir reposé le volume !

La couleur des algues (3)

Les résultats du concours #enrouteverslautoedition viennent d’être publiés et « La couleur des algues » monte sur le podium en troisième position ! C’est la première fois qu’un de mes textes est retenu, ça se fête…

Merci à celles et ceux qui ont voté pendant le concours !

Cela s’annonce surtout comme #enrouteverslescorrections dès que le nano est terminé pour transformer ce premier jet en une vraie fiction avec enjeu dramatique qui tienne la route, et tout et tout !